mercredi 21 octobre 2015

Etat chronique de poésie 2619






2619

Alors que s'envole
L'idée même d'une évasion
Tu poursuis ta route
Hagard dans la poussière
.
C'est si longue fuite
Que celle-ci
Qui te voit osciller
Entre deux diables
Qui se chamaillent
Pour un puits
D'où s'écoule l'or noir
.
Tu ne sais en quel port enfin
Déposer ton ivresse sanglante
Ta tête mise à prix
Maigre balluchon à l'épaule
Tu articules encore
Quelques mots d'espérance
Que la poussière très vite
Engloutit en ses ondes

*

C'est diable à tes trousses
Et peur au ventre
Que tu avances
Silencieux et nu
Mon frère
.
Tu ne sauras jamais
Ce qu'ils firent
De ta femme et tes filles
Tu ne sauras jamais
Voguant sous d'autres cieux
Tes yeux pétillant de larmes
.
Nous ne saurons rien non plus
Mon ami
Mon frère
De cet indicible chaos
Semé de mains magistrales
Par sombres puissances
Au service de tristes finances
.
Il me reste mes bras
Et mes mains pour assécher tes paupières
.


1er août 2015

© Xavier Lainé, octobre 2015, tous droits réservés

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