dimanche 18 octobre 2015

Etat chronique de poésie 2616





2616

Tout a commencé un matin à Bagdad
Tu écrivais
« Ce qui vient sera guerre
Pire que la guerre
Le meurtre
Pire que le meurtre »
.
Le premier à porter main sale
Sur la mémoire
Fut locataire de maison blanche
Et ce qu'il bombardait
Il en ignorait la portée
Ses yeux luisant
A la lueur funeste
Des pétrodollars
.
Il suffisait ensuite de laisser faire
Et la guerre pire que la guerre
Le meurtre pire que le meurtre
Ne pouvaient que jaillir
Du coffre béant des ignorances orchestrées

*

Tu demeures suspendu
Aux lèvres de l'absence
Tu sais en quelles violences
Peuvent se trouver plongés
Les amis d'ici et d'ailleurs
Tout bascule si vite
En ces temps d'aveugles gouvernances

*

Tes yeux ne peuvent quitter
L'image d'un petit corps
Noyé abandonné
Sur le sable
Dans les vagues
.
Tes yeux se ferment
Lourds de toutes les fatigues
Puis s'ouvrent par intermittence
Beauté fermée sur elle-même
Ecouteurs rivés aux oreilles
Indifférente à la marche du train
Absente à la marche du monde
.
Tu demeures suspendu aux lèvres de l'absence
.


29 juillet 2015

© Xavier Lainé, octobre 2015, tous droits réservés

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