mardi 13 octobre 2015

Etat chronique de poésie 2611





2611

Parce que le savez-vous
Je lis
.
Je ne fais même que ça
Lire
.
Je lis même Nathalie Quintane
Et m'étonne même
Qu'elle puisse s'étonner
De la déshérence
De la perdition
Du sens qui se dilue
D'un peuple qui ne sait plus
Qu'il est peuple
Car pauvre
Que dis-je pauvre
Réduit à l'indigence
Au point qu'on parle de lui
Du pauvre et du peuple
Avec la commisération
Des bons bourgeois repus
.
Car je lis
Ne sais même faire que ça
Je vis pour lire
Et je lis pour écrire
Car sinon je crois que
Non je ne crois en rien
Je lis pour découvrir
Les milliers de lectures
Qui manquent encore à l'appel
Pour justifier d'écrire
.
C'est un cercle vicieux
Je vis pour lire
Pour me nourrir encore un peu
Parce que j'ai encore tant à lire
Et que même sinon je ne saurais
Sans doute plus quoi écrire
.
Alors je lis même Nathalie Quintane
C'est ma voisine
Nathalie
Enfin presque
Elle ne sais pas que je la lis Nathalie
.


24 juillet 2015

© Xavier Lainé, octobre 2015, tous droits réservés

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