jeudi 10 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2589





2589

J'étais si manche et hésitant
Que tes baisers enflammés
Ne changèrent rien à l'affaire
.
J'ai pris la poudre d'escampette
Jambes à mon cou
Pour ne plus me retourner
.
J'ai quitté le port
Où amoureuse tu dormais
D'un juste sommeil
D'après nos insomnies
.
Les mots se bousculaient
Au portillon du cœur
Battant et rebattant le pavé sourd
D'un si long exil
.
Je t'ai perdue de vue

*

Nos chaines brisées
Il me fallait poser quelques bornes
Sur le chemin lumineux
Où sautaient les mines
Sous le pied allègre
Des chèvres inconscientes
.
Nos chaines brisées
Il ne fut aucun havre
Où déposer nos larmes
Nous avons donc dérivé
Nus et muets
.
Au loin ne se dressait qu'astre solaire
Et nulle ombre pour protéger ta peau de nacre

*

La soif au ventre
J'ai perdu le compte des jours
Perdu le contrôle des nuits
.
Il nous fallait un peu d'ombre
Ils avaient tout rasé
Derrière eux
Ne laissant que bitumes et bétons
Brûlant de nos infinies souffrances
.


2 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

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