samedi 5 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2584





2584

J'ai laissé en jachère
Le champ de mon esprit
Sans bornes ni limites
Sans clôtures ni frontières
.
Equilibre difficile
Que de garder l'espace libre
Dès lors que toute terre
Ne peut qu'être appropriée
.
J'ai laissé libre usufruit
De mes sillons corticaux
Aux mots libérés de tout joug
Pour essaimer paroles sans titre
.
D'un regard soupçonneux
Vont les gros propriétaires
Jaloux de leur territoire
Fiers de leurs actes notariés
.
En ma parcelle sans grillage
Vous pouvez entrer à toute heure
Déposer votre baluchon de peines
Recueillir l'eau lustrale
Où nos rêves vont se baignant
En l'été de nos insoumissions

*

Une torpeur béate gagne
Qui laisse ouvert le chemin
Aux conquérants de nos pensées
.
Ils vont l'arme du fric à la main
Piétinent le pré carré de nos vies
Semant misère et discordes
.
Sous leur pied viennent les déserts
Oasis rasées sous l'empire de leur béton
Dans leur sillage vont en noirs costumes
Les héritiers de leurs divines querelles

*

Aux massacres en cours
Je réponds par une salve de mots
A la mémoire sanglante
Des souillés d'un temps vil
Où germe intense confusion
.


27 juin 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire