samedi 8 août 2015

Etat chronique de poésie 2556





2556

Puis tu tentes encore de secouer tes membres
Un pied refuse de te suivre
Tes jambes ne sont plus que douleur
Tu te secoues
Secoues tes mains
Secoues ta tête
Toujours la glu du temps
Revient à la charge
Te cloue au sol
Avec tes rêves et utopies
Pantois d'être pris en si cruel défaut
.
Vivre encore cependant
Toujours un peu surpris
Toujours un peu étonné
De voir un nouveau jour poindre
Où tu croyais enfin
T'enfoncer dans le néant

*

Tu notes l'acuité des regards
Leur empressement à calculer ta chute
Non que tous soient indifférents
Mais tant qui vivent en la terreur
De penser et agir en leur âme et conscience
.
Tu déposes ton obole quotidienne
Sur un fragment de toile éloigné
Tes mots palpitent dans l'aigreur
Aussitôt jetés aux milliers de regards
Inconnus qui viennent contempler
La longue litanie en construction
.
Car rien n'est définitif en l'oeuvre
Il te faut sans cesse y revenir
Parachever le message
Lorsque parfois les mots te manquent

*

Tu vas en cette glu d'exister
Aimerais avancer le cœur léger
Construire de mains lestes
La beauté candide d'un jour sans fard
.
Te voilà cramponné au bastingage
D'un vieux rafiot
Qui prend eau de toutes parts
.


30 mai 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire