mardi 21 juillet 2015

Etat chronique de poésie 2538





2538

Je ne sais au fond, ce qui m'attire vers cette musique venue du Nord. Mais toujours je reviens à Jean Sibelius, dont je me rends compte à présent de rien savoir. Chaque jour ainsi me fait mesurer l'étendue de mes méconnaissances, et c'est comme une invitation à demeurer dans le silence, un livre à la main, me gardant même d'écrire, dès lors que mon esprit ne sait. D'Herbert von Karajan, par contre je dirai combien il m'a fait rêver en mon adolescence : je posais ses disques sur la platine familiale, et debout sur une chaise dirigeait son orchestre fantôme. J'ignorais là encore tout du personnage et de ses compromissions. La grandeur d'une musique efface-t-elle les turpitudes de la vie ? Je ne sais. Ecoutez donc cette symphonie n°1 en mi mineur, opus 39 et quelque chose vient vous saisir par la pointe du cœur pour ne plus vous lâcher.
.


.

Il me faut commencer par le silence
Puis écouter les petits bruits qui montent
Lorsque ma ville se réveille
.
Il me faut dépasser ce que l'oreille entend
Ce que le coeur déborde en lave de mots
Tourner le dos résolument
.
Il me faut entendre ce vacarme que fait
L'homme en proie à ses semblables
Lâchés comme fauves
.
Il me faut voir derrière le sublime levé
Dans une aube adorable et muette
D'avoir trop pleuré
.
Sans voix il me faut avancer vacillant
Dans la superbe symphonie délaissée
Aux matins des âmes perdues

*

Au lendemain des violences
L'orage ayant lâché ses hallebardes
Enragés les cieux ayant pleuré
Nuit s'épancha sur l'aile des rêves
Et l'enfant perdu blotti entre mes bras
Je gouttais le silence d'après colères
.


12 mai 2015

© Xavier Lainé, juin 2015, tous droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire