dimanche 19 juillet 2015

Etat chronique de poésie 2536





2536

Ha ! Edith, cette voix écorchée sur les pavés d'un temps révolu, où chanter peuplait les cours, dans un grand frémissement de vie. Et cette tendresse, « Quand tu dors », chuchotée aux petits matins blafards, d'oeuf dur dans la tête de l'homme perdu, sur les sentiers d'un monde fini. Edith dont mes rêves enchantés, mes songes en chantiers, dès lors que tout est toujours à entreprendre, à l'aurore de nos espérances. Edith reprise mais jamais égalée. Edith, unique chant d'un Paris déglingué et vidé de sa substance, à l'orée du triomphe des normes et des cercueils de soumissions. Je m'en irai encore, à pleine voix, diffuser la mémoire d'un temps à faire revivre.
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C'est long
C'est si long
Une nuit à admirer
Ton sommeil pesant
Et les étoiles qui rient
De me savoir éveillé
Tournant
Et retournant mes mots
Comme moulins à prières
Dans le grand vent
D'une âme envolée
.
C'est long
C'est si long
Une nuit à attendre
Que jour se lève
Un peu fripé
Sous une lune hilare

*

Aux petits matins blêmes
D'amour fatigué d'avoir patienté
Sur le pas des aurores épuisées
.
Ce petit temps accroché
Aux nuées de tendresse
Attend son heure
Dans la marge d'une vie
.


10 mai 2015

© Xavier Lainé, juin 2015, tous droits réservés

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