lundi 13 juillet 2015

Etat chronique de poésie 2530





2530

Parfois rebelle, il est vrai, aux harmonies dissonantes d'une musique savante qui l'est tant qu'elle ne me trouble plus. Pourtant, voici que le hasard met sur ma route Arvo Pärt, et qu'avec lui je découvre cette élévation que provoque la musique lorsqu'elle touche au chant intérieur. Frates pour violoncelle et piano me prend par le bout du cœur et m'entraîne au bord du vide où se glissent les mots.
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Le temps demeuré en suspends
Jailli au grand soleil des mots
Tu viens au devant de la scène
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Nous voici suspendus à tes lèvres
Puisqu'entrent avec toi la brise
Et la vague roulante d'un autre temps
.
Tu cultives l'art et la manière
De rendre humain l'heure passée
Sur la toile de l'instant fraternel

*

Puis me vois-tu las
Las de parcourir les ruines
Las de ne savoir m'arrêter au sublime
Las de ne sentir jamais une pause
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Le parfum de mes roses
Si vite retombé sous le joug du soleil
Mon carré de terre envahi
D'épines imposées
A quatre pattes je les ramasse
Elles retombent aussitôt
Grevant la croissance
De mes amoureuses boutures
.
Me vois-tu en cette lassitude
Chaque jour vécu est une attente
De ce qui ne viendra plus
Le temps soldé en mes défaites
.


4 mai 2015

© Xavier Lainé, juin 2015, tous droits réservés

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