mercredi 24 juin 2015

Etat chronique de poésie 2512





2512

Le grain des mots se meurt
Noyé en des rivières nauséabondes
Ce que tue ce monde
Ne repoussera plus
.
Nous irons donc solitaires
Puisque hommes damnés d'en être

*

Ce n'est pas que tu perdes la voix
Mais c'est qu'il faudrait gueuler tout le temps
.
Alors tu gueules
Tu vocifères en dedans
Tu fais des nœuds avec tes tripes
Tu te retiens d'aller déterrer
Pelle et pioche de guerre
Pour arracher les pavés à nouveau posés
.
Tu rêves de barricades
De drapeaux rouges sang
Alliés au noir de nos désespérances
.
Tu rêves d'un mouvement
Qui ne soit plus souterrain
Gagnant une à une
Les consciences endormies
Sous le flot nauséabond
.
Secouez-vous donc
Gens qui dormez
N'acceptez plus
Ni compromis
Ni soumissions
.
Je rêve d'un temps de fraternité
Où me lever serait apporter pierre
A l'oeuvre commune
D'une humanité en marche
Tenant son destin en mains propres
Une fois le joug soulevé
Et jeté aux orties des indifférences

*

C'est grisant de défier le temps
.


15 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

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