samedi 13 juin 2015

Etat chronique de poésie 2501





2501

Le jour tu rases les murs
Ne montres rien
De tes beuveries noires
Pour oublier l'humiliation
.
Nul ne mesure
Qu'à faire semblant
C'est couteau qui se tourne
En ta plaie de survivre

*

Tu voudrais que j'aille calmement
Répandre mots anodins
Sur ce monde en miettes
Où tant crèvent
Dans l'indifférence

*

J'ai craché sur ce siècle
Fulminé de jour en jour
Contre toutes formes
D'impostures
.
Il me fallait déchirer une à une
Les pages écrites depuis longtemps
Ombre portée d'un rêve inopportun

*

Il me faut vivre avec cette rage
Revenir sans cesse sur les mots prononcés
Les regarder briller dans l'azur d'un printemps
Puis d'un net pavé bien placé
Leur clouer définitivement le bec
.
Comme je voudrais apprendre à me taire
Je vais loin des foules
Arpenter les chemins de solitude
.
Je m'enferme
.
Ne tolère aucune bienveillance
A l'égard de qui je fus est et serai
.
Je balaie devant ma porte
Elimine avec soulagement
Cette marée de mots inutiles
.


4 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

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