mercredi 20 mai 2015

Etat chronique de poésie 2479





2479

En hommage à Gabriel Besson
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Il fut aux côtés de René Char un des artisans de la libération.
Il fut lâchement assassiné, en 1946, devant la gare de Manosque.
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On ne sait rien de ses assassins.
On n'a peut-être jamais voulu savoir.
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Allez donc savoir…
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C'est d'ailleurs faute de n'avoir jamais voulu savoir.
C'est d'ailleurs faute de n'avoir jamais regardé en face
Nos paroles et nos actes de cette époque
Qui ne cessera jamais de nous hanter
Que d'autres crimes se révèlent aujourd'hui
Que d'autres crimes s'accomplissent
.
Car si les nazis furent vaincus par la guerre
Il traîne encore leur souillure dans nombre de têtes
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C'est de cette souillure
De ce désir de revanche
En la tête des nantis
Que la peste coule
Comme une résurgence
Oubliant le sang
Les larmes
Et les corps fumant
Dans l'enfer des camps
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Ils n'avaient qu'un rêve
Les criminels d'hier
Ils n'ont qu'un rêve
Les criminels d'aujourd'hui
.
Faire de nous leurs esclaves
Dans un monde sans miradors
En posant les barbelés
Au plus profond de nos âmes
*
Vois donc amie de l'autre rive
Ce qui vient est pire vague
En l'âme perdue des hommes
Ne nous reste qu'espoir
Où accrocher les mots
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5-7 mars 2015

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

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