mardi 24 mars 2015

Etat chronique de poésie 2431





2431

à Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et les autres
.

Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Ne pas tomber dans cette poubelle
Où des hommes précipitent d'autres hommes
Dès lors qu'ils ont décidé de ne pas en être
De n'être que lâches et criminels
Tuant leur dieu autant que leurs victimes
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Crier tant que mots peuvent se faire armes
Armes innocentes et crayons d'avenir
Pour ceux tombés au combat d'être humains
Avant tout être humains si possible encore
Pour ne pas tomber plus bas et plus vil
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Ecrire sans haine qu'un crime ne peut pas nous corrompre
Ne peut pas nous dévier du droit fil de demeurer humains
Et solidaires en humanité par delà nos croyances
Par delà nos errances nos richesses ou notre pauvreté
Ne pas tomber dans les poubelles de l'histoire
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Croire encore qu'un mot un seul est plus fort
Plus fort que tous les crimes
Plus fort que toutes les violences et les haines
Que l'art peut encore nous sauver
De ce chaos où les tyrans de pacotilles
Lâches et sombres imbéciles sans foi ni loi
Voudraient nous tirer à balles perdues
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Parce qu'il ne faudrait pas que vous soyez tombés pour rien
Et que sombrer serait le pire des enterrements
Car ce serait le nôtre qui viendrait derrière
Avec cercueil pour toutes nos libertés
Ne pas sombrer pour que votre rire résonne longtemps
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Puisque notre dignité sera plus forte
Plus forte que toutes vos misérables manipulations

*

Survivre au désastre
Survivre
Puisque pas d'autre issue
Pas d'autre alternative
Que survivre
.
Tenter de raison garder
Lorsque tout résolument
S'y oppose
.
Ne rien lâcher de ce fil
Ténue rampe lentement posée
Une vie durant
Sur le chemin périlleux d'exister
Sans trop nuire ni trop faire souffrir
.
Voyez donc ce qu'est ce temps
Qui hier déposait ses vœux
Sous le gui de la malchance
Pour dès le lendemain se réveiller
Avec gueule de bois d'avoir trop
Trop rêvé trop aspiré à
Mais à quoi
.
A quoi désormais puisque
Aveuglés sont quelques fous
En territoire de déraison funeste
D'où seule la chance de bonne fortune
Permet de s'extraire vivant
Tandis qu'en dessous on s'entretue
Entre deux étages où se proclament
Croyances aveugles et idéaux rances
.
En la demeure est le péril qui jaillit sans prévenir
.


8 janvier 2015 

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

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