dimanche 22 février 2015

Etat chronique de poésie 2406





2406

Je pourrais aussi un jour
Me taire
Ne plus laisser filtrer un mot
Par peur de ma subjectivité
.
Plus un mot donc
Qui dépasse de la norme
Il faut de l'harmonie
En ce monde policé
.
Vivre en subjectif
Ce serait une insulte
A la science
Sans conscience
.
Mais au fait en ai-je
Qui sache marcher
Dans les limites
D'une bienséante harmonie
.
Que nenni ma conscience
Se trouble et s'emporte
Dans le carton des plats tout prêts
Comme pizza de l'homme pressé
.
Je pourrai donc un jour
Fort bien
Ne plus rien dire
Pour éviter la fatwa
Des objectifs
.
Ailleurs on appelle au meurtre
Voire même on tue
Pour la liberté de se conjuguer
Au parfait du subjectif
.
Ici non
Ici on discute
Pour te prouver que tu n'es pas
Du bord des objectifs
Que ta subjection
N'est qu'erreur en deçà
Mort au-delà
.
Dès lors je pourrai
Apprendre à ne plus rien écrire
De peur de cette vague
De subjectivité qui me harcèle
Et qui se fait poème

*

Puis vient le crépuscule
La tendresse aurait-elle su attendre ?
Ou
Désespérée
Est-elle allée voir plus loin
D'autres esprits moins préoccupés ?
.
Puis vient le crépuscule
Les mots se traînent
En la nasse des fatigues
.
On se prend à rêver
D'un élan de folle douceur
De bras tendres
De lèvres avides et de coeurs battants
Juste avant de sombrer
Sous le regard complice des étoiles
.
Puis vient le crépuscule
Sur le rendez-vous manqué
Et l'espoir qui palpite au coeur latent

*

Sans attendre tu vas
Cueille mille soleils
Aux champs des cœurs ouverts
.
Tu chantes à voix couverte
L'hymne d'un temps à inventer
Où âmes errantes
S'inventeraient des mondes
.
Sans attendre tu cueilles
Jeune beauté sous les étoiles
Alanguie aux bras des soupirs
.
Lorsque la nuit s'approche
A pas feutrés tu rêves
De doux enlacement
Sous leur regard complice
.
Un rien vient qui t'affole
.


18 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

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