samedi 21 février 2015

Etat chronique de poésie 2405





2405

Nous irons jusqu'au bout du quai
Dans un petit mouvement de main
Dirons adieu à tout ce qui était
Une fois les lumières éteintes
Sur la dernière scène
L'ultime musique
La danse invisible
.
Nous irons jusqu'au bout de cette nuit
Regarderons d'un oeil incrédule
S'éloigner nos derniers rêves
Nos ultimes ballets
Nos invisibles symphonies
.
Nous irons jusqu'au bout de ce déchirement
Lorsque plus rien ne trouvera grâce
Aux yeux avides repus en leurs coffres
Il n'y aura plus ni poésie ni théâtre
Une fois leurs appétits comblés
Ne laisseront pour tout souvenir
Que ruine d'un temps sans mémoire
.
Assis au bout du quai
Les dernières fumées évanouies
Nous devrons réapprendre
Le langage de l'amour
Le geste de beauté
Qui sache nous remettre debout
Une fois nos libertés transmises
Aux souterrains de nos clandestines pensées

*

Lorsque nos musiques et nos danses
Nos poèmes et nos œuvres
Ne sauront plus trouver
De lieu où se déployer
Au grand jour de la liberté
Nous irons en semer les germes clandestins
Dans les sous-sols où se réfugie
L'art d'être encore humain
Lorsque barbarie s'en vient
Sous couvert de grandes fortunes
.
Lorsque le papier même
Nous sera interdit
Il faudra nous couper la langue
.


17 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

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