mercredi 28 janvier 2015

Etat chronique de poésie 2383





2383

A vivre les yeux trop ouverts
Tu hésites sur le seuil du jour
.
Ecrire une partition de silence
Sur la portée des heures sans grâce
.
De partout ne montent que clameurs
Très vite couvertes de bruits de bottes
.
Ton matin se fait amer sous la pluie
Tes oreilles cherchent quelque auberge
.
Tu écris des mots sans portée
A chaque mesure s'égrènent tes silences
.
Coupable de ton retrait tu n'oses crier
Comme crient les suppliciés de toutes couleurs
.
Tu reviens à Bach pour ne pas sombrer
Pour ne pas pleurer plus fort que le ciel
.
Jamais le joug ne fut si pesant
Aux épaules nues des peuples désarmés

*

J'ai tant veillé à l'amour de ce monde
Qu'à le voir s'étriper mon âme saigne
Ne trouve aucun repos
.
Où inscrire encore ma soif
Ma faim de simple tendresse
Puisque désormais tout passe
Sous le joug clouté d'autorités sans bornes
.
Vous me voyez désemparés
En ceci ne suis guère autre
Ne m'étends qu'au commun
D'une pluie de misères

*


Je vais de mon pas de plume
Déserte toute zone où s'acharne
Le futile et l'apparent
Je vis au revers
.
Puisque à l'endroit ne sont
Que pitoyables déconvenues
.


27 novembre 2014 

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

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