mardi 30 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2292



2292

C'est difficile à dire
Difficile à penser
Ou même à concevoir
.
Toujours tu fuis devant
Te méfies de toi-même
De tes emportements
.
Mais voilà qu'au détour du chemin
Sans que rien ne laisse prévoir
Le dénouement étonnant d'une vie
A l'heure du crépuscule passé
Laissant l'ombre gagner
Sous petite brise de nuit
Tu regardes les étoiles
Et ton cœur de murmurer
Les mots imprononçables

*

Aimer
C'est si délicat
C'est une fleur éphémère
Jaillie sur le bitume
Un cri lancé d'une rive à l'autre
Sans que l'un ou l'autre
N'en entende le murmure
.
Il faut de l'ombre
Un petit zéphyr doux
Une eau lustrale tendre
Ce petit geste suspendu
Aux lèvres d'une nuit sans fin
Pour que le mot jaillisse
Au détour d'une vie
Juste avant que vieillesse
Ne gagne et triomphe

*

Et puis
Vois-tu
Qu'importent les bombes
Qu'importent les misères
Lorsque le vent se fait facteur
D'un mot en cinq lettre
Aussi tendre que du bon pain
Sorti droit du four
Pétri de mains délicates
.


27 août 2014 

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

lundi 29 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2291



2291

Le médiocre juge
Mais n’entend rien
De ce que son jugement prononce

*

Laisse tes mots s’éteindre
Sur la paroi du jour
Vis donc tes rêves
Dans le cocon des brumes

*

Mes pas sont d’éternelle errance
.
Amère amertume
Sous ciel couvert
Pour un pays en berne
.
A ne jamais regarder le ciel
C’est le Nord qui se dérobe
.
Au bord du précipice
Tu contemples tes idées envolées
.
Une aube délicate
Pose ses doigts
Sur le front des orages

*

Une fois le défilement des mots
Arrêté au centre de la page
Il te faut reprendre le fil
Et l'aiguille à repriser
.
Repriser les pensées
Hagardes d'avoir trop contemplé
Les fracas et les cris
Les affreuses vociférations
Les vitrines brisées
Aux devantures d'un monde mort
.
Tes doigts posent le baume
Sur le front dégarni par l'âge
Tant d'homme depuis toujours
Se sont dressés contre l'outrage
Qu'à ton tour tu te lèves
.
N'attendant rien en partage
Tu te remets à l'ouvrage
.


27 août 2014 

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

vendredi 26 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2290



2290

C’est lassitude que de vivre
Peur au ventre et chute toujours probable
.
Voir s’agiter autour de lui-même le petit monde des lettres
T’invite à remiser plumes et carnets
Au grenier d’une vie sans illusions
.
Puis vague t’en vas
Dos fourbu d’avoir trop espéré
Et jamais rien obtenu

*

Liquidées les ultimes pages
Tu regardes
Dans l’âtre
Le feu des mots rougir en petites braises
.
Et puis tu chantes
Ce n’est d’abord qu’un murmure
Mais repris de voix en voix
Ton chant se fait cri

*

Tu planes au dessus
Effleure de tes rêves les fausses joies
Signe de ta plume
Le long cri des mains tendues
.
L’harmonie est affaire de patience
Et si le chemin en est rude
C’est qu’il te faut encore beaucoup apprendre

*

Tant de bruit et de fureur
Lorsque sort se trouve mal confié
.
Il ne faut qu’un pas
Pour passer de l’ombre
A la lumière de ton sourire
.
A consommer sans limite
Tu vis avec peine

*

Sur les paupières du matin
J’écris en lettres bleues
La croisée de nos regards
.
Ici je demeure où l'amour ne se dit
.


26 août 2014

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

jeudi 25 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2289





2289

Dans un frémissement de l’air
C’est la vie trépidante de la ville qui soupire
.
Tu pleures sur ta beauté fanée
Brises les miroirs où se reflète ton âme
Ne peut empêcher le volcan
D’émettre ses fumerolles de bonté

*

Beau archiver les pages
Incapable de trouver temps nécessaire à leur relecture
Ne sais vraiment où se trouve
Le chemin ouvert sur petite liberté
.
Si je savais confier au vent autre chose que mots vains
De quelles graines saurait-il ensemencer nos avenirs ?

*

Il regardait
Médusé
La lente et sûre promotion
De celles et ceux qui n’avaient rien à dire
.
Pris dans les griffes d’un temps résolument trop court
Tu te confonds en excuses
De ne pas égrener plus de petits cœurs
Sur les pages amicales du jour
.
Tu te prives de commentaires
Tant parfois la beauté te laisse sans voix
.
A trop attendre
Tu perds ton souffle

*

Et pourtant
Ils ont remis des pavés devant toutes les portes !

*

Saisis donc l’instant qu’ils disent
Mais le voilà qui te glisse entre les mains
Petit sourire au coin des lèvres
.
C’est un drôle de ciel que celui-là
Il hésite encore à se lever
Il sait qu’il doit pour ne pas sombrer
Mais il attend
.
Mais il attend
.


25 août 2014 

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

mercredi 24 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2288



2288

J’aurais bien mieux à faire qu’écrire
Mais ne sais pas quoi

*

Tu vois
Un pinceau à la main
M’en vais repeindre
Ce temps
De couleurs plus chatoyantes


*

Parfois tu te demandes
Si tenir les yeux ouverts
Ne serait pas ton seul et unique travail

*

Plus rien à dire pour ta défense
Dès l’instant que l’homme de loi et de pouvoir
Sur de lui
Parle

*

A la lune rieuse
Face blanche au mur noir des rêves
Tu dictes d’étranges mélopées

*

Pas une hirondelle qui sache faire printemps
Au ciel blanc d’idées généreuses

*

On aurait cru l’heure des larmes venues
Un grand vent en a dispersé la semence

*

Voici que l’aube tire à elle
La couverture de douces nuées
Et laisse les mots errer
Sur le long fleuve de tes rêves

*

Tu puises en la malle des souvenirs
Les savoirs enfouis
Les tire hors du sable
Et construit ton nid

*

Ta plume s’étonne
Des mots gravés
Au blanc permanent
Des pages insensibles

*

Tu pourrais faire comme si et sourire
Mais le sol tremble
.


24 août 2014 

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

mardi 23 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2287



2287

Laisse donc vent
En tes cheveux fous
Ouvrir la voie
Couvrir les voix
Chanter à l'unisson
Où s'épanche tes sources
Sur les rives giboyeuses
D'amour et de partage
.
Où tu te caches
Les yeux ardents
Te suivent
Où tu te reposes
Les mots tendres
Se déposent
.
Bois
Bois donc au puits
Ouvre tes lèvres
A la tendre musique
Que les doigts écrivent
Sur ta peau d'extase
.
Où tu loges tes pensées
Le cœur se blottit
Assoiffé de tes mots
Où orient et occident
Se rencontrent en silence

*

J'ai ouvert la voie d'eau
Pour que ma barque fasse naufrage
Me délaissant au doux rivages
Où tu m'attendais
Ô amoureuse
.
J'ai bu dès lors à tes lèvres
La boisson d'éternité
Le suc délicieux des ruches
Ô abeille langoureuse
.
Le chemin fut si long
Et si périlleux le voyage
Qu'enfin tête à tête
Nous déclinons nos verbes frêles
En l'esquif d'une vie de hasard
.


23 août 2014 

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

lundi 22 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2286



2286

Puis vient le temps de fraîcheur
Où repos rime avec la nuit
Etoiles offertes au ciel des rêves
.
Au loin se dressent les souvenirs
Te voilà à pied d'oeuvre
Pour la tâche du jour
.
Ton transport se fait
Sur deux pieds
Par pitié pour planète bleue
.
Tu hésites pourtant
T'interroge sur ton sort
Une fois vapeurs entrées
.
Peut-être à trop vouloir
Oeuvrer au bien commun
Seras-tu porteur de cellules folles
.
Qui sait ce que te réserve
La vie et ses travers
Qu'à l'écouter tu te perds

*

L'homme des façades arrive
D'un pas discret il suit le sentier
Il porte sur son visage
Toute l'amertume d'un monde
Qui pèse à ses épaules
.
L'homme des façades arrive
N'avait pas trop envie
De venir mais quand même
Du fond du trou
On garde encore un peu de commerce
.
L'homme des façades arrive
Il contemple son œuvre
Lorsque le soleil donne son aurore
Il ne dit jamais un mot
Sauf pour relever l'erreur
De collègue un peu balourd
.
Et l'oeuvre cahin-caha
Vient à son aboutissement
.


21 août 2014

© Xavier Lainé, septembre 2014, tous droits réservés

dimanche 21 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2285



2285

Temps si fragile
Qui nous invite au silence
Dès l'instant que l'outil
Disparaît du paysage
.
Une journée sans
Une journée avec
Puis la page blanche
A couvrir d'étoiles
Tandis que de partout
N'est que vacillement

*

Bien sûr que de tous temps
L'homme n'a jamais fini
D'en découdre avec lui-même
.
Bien sûr qu'en d'autres barbaries
Il a maintes fois laissé couler
Entre ses mains sanglantes
La chance unique
De se rencontrer enfin
.
Mais qu'à l'heure lumineuse
D'une connaissance plus étendue
Nous en soyons à banaliser le crime
Voilà qui ne cesse d'être atterrant

*

En quelle prairie paisible
Laisser décanter mes rêves
Dès lors qu'au retour
Se déchaînent les cauchemars
.
De quelle plume encore
Gravir les sommets de beauté
Pour y cueillir la fleur d'espoir
.
Et si tant encore la piétinent
Combien d'yeux pour en redresser la tige
Combien de mains attentives
Pour en soigner les pétales froissés
.
Ici j'élève ma voix
Au retour des sentiers étroits
Où mon âme s'est abreuvée
De mille sources souveraines
.


20 août 2014 

© Xavier Lainé, août 2014, tous droits réservés

samedi 20 septembre 2014

Etat chronique de poésie 2284



2284

J’ai contemplé la colère du ciel
Lu dans les éclairs le langage des colères
De partout montent tant de clameurs
Que nos rêves s’y brisent
Comme coque de noix sur les récifs acérés

*

Mes mains chaque jour partent
Explorent et fouillent
Cherchent l’ultime tension
Si justifiée en une vie ébréchée
.
Mes mains se font bien plus savantes
Qui lisent ce que ma bouche ne sait dire
Mes lèvres ne savent prononcer
Ce que mes doigts parcourent
D’un vocabulaire de silence
.
Lorsque vous entrez
Ce qui se met en route
Ne sait pas qu’il existe
Et je vais à tâtons
A la recherche de ces brides
Que sème une vie
Lorsque tourments l’envahissent

*

Chaque soir je contemple
Les regards et leur trace
Sur mon chemin de poésie
Je ne sais que penser
N’ayant pas prétention
A en écrire la lettre
.
Ce sont terres de perditions
Que celles résumées entre les pages
Obscures empreintes laissées
Sur le sable du langage
Frêles esquifs lancés
Sur l’océan de littérature
.
Ma voix se trouve si faible
Lorsque mes yeux lisent
Tant de mots parfaits
A dire ce que j’ignore
Je vogue sur mon lac insignifiant
.


19 août 2014 

© Xavier Lainé, août 2014, tous droits réservés