lundi 30 juin 2014

Etat chronique de poésie 2233



2233

Tu vois ?
J’ai perdu !
.
Je te devais bien d’avancer
Mais à bien regarder la trace
Nous avons dû reculer
.
Nos pas inversés avaient en leur jeunesse
Ce parfum de rêve qui borde nos lits d’espoir
.
Nous n’imaginions même pas aller à reculons
Laisser devant nous nos horizons meilleurs

*

Parfois domine le sentiment
D’être entré dans la vie par effraction
Ceux qui nous précédèrent
Ne laissant que miettes
A notre présence et descendance
.
Nous allons quand même
Pas d’inquiétude
Mais le monde lui va à côté
Sans un regard sur les galériens que nous sommes
Deux voir trois générations rivées au banc d’infamie

*

Il n’est plus que nuit
Pour accueillir encore nos soupirs
Nos petites amourettes d’oubli
Nos effusions sans avenir
.
Au matin nous reprenons le joug
Ardents à déployer nos imaginations
Pour ne pas sombrer
Sur les récifs dressés
.
Car vous voilà experts en chausse-trappes
Architectes en chevaux de frise
Fins connaisseurs en labyrinthe
Pour que l’avenir radieux
Sans cesse nous échappe
.
Et encore venez-vous avec ironie
(Ou ce que vous prenez comme tel)
Critiquer notre mal vie à l’ombre de votre bien être
.


4 juin 2014

© Xavier Lainé, juin 2014, tous droits réservés

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