vendredi 27 juin 2014

Etat chronique de poésie 2230



2230

C’est qu’il me fallait, sais-tu, ne vivre que pour les mots.
Il me fallait côtoyer les pages déjà écrites,
Celles qui précédèrent celle-ci,
Celles écrites de mille mains en mille langues.
.
C’était forme de pèlerinage
Que d’aller ainsi livres à la main
Quêtant d’intimes sagesses
En mille légendes énoncées

*


Si long voyage aux rives d’épuisement
Puisque jamais ne s’arrête le long cycle
Des renaissances inexactes
De calame en plume
De plume en clavier
Puisant en la mémoire commune
Quelque leçon maigre d’humanité
.
Puis toujours se défendre
De la tentation abusive
Qui ajouterait au grand livre des Hommes
Quelque page d’importance
Quand ce n’est que goutte d’eau
En l’océan d’infimes connaissances

*

Je vais de mon pas de plume, vois-tu ?
Léger mais pliant sous la charge d’apprendre
Ce chemin se doit d’être infatigable
A défaut de mener en quelque bonheur passager
Il t’ouvre les portes d’autres plaisirs
Navigant entre les rives d’un fleuve
Où s’écoulent tes doutes
.
Chaque jour m’en vais répétant
Ne rien savoir et tout ignorer
Malgré les volumes alignés
Aux étagères un peu honteuses
De ne porter que si peu de fruits
.
Il me faut en cueillir tant
Pour m’autoriser à la moindre parole
Nos langues se révèlent si faibles
A trahir la moindre certitude
Puis m’en vais de mon pas pesant mais apaisé
.

31 mai 2014

© Xavier Lainé, juin 2014, tous droits réservés

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