mardi 24 septembre 2013

Aux poches trouées de l'exilé



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés


On a beau se vouloir léger
L’air pèse aux épaules

Sur un tapis d’angoisses
Pas une fleur ne vient au jour

Pétales déchirés
Elles volent
Mortes
Dans un ciel de suie

Humour a pris la tangente
Dès lors que vivre pèse



Le dessin d’avenir
A de tristes desseins

Chaque jour pose son obole
Aux poches trouées de l’exilé



Demeure la satisfaction du voyage
L’errance constante
Au gré des vents tournants
D’un monde affolé




Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre 2013




lundi 23 septembre 2013

Couple perdu



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Lorsque les yeux s’ouvrent
Et se retournent
Sur le chemin parcouru
C’est déjà trop tard


Couple perdu
Entre cris d’enfants
Exigeant de vivre
Sans limite
Sans frontière



Qui oserait prétendre atteindre la sagesse ne serait que fou présomptueux : elle n’est qu’objectif à atteindre. On n’y parvient jamais. On ne peut que l’approcher et y brûler ses ailes.



Plusieurs vies plus tard
Tu sais que rien ne peut t’inviter
A croire être parvenu
Quelque part




Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre 2013




dimanche 22 septembre 2013

Simple beauté offerte



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés


Simple beauté offerte
Aux matins incertains

Danse de rosée
Dans l’azur léger

Ce qui se donne
Bat au rythme cordial

Vous vous cherchez
Amants printaniers

Seul le temps
Vous fait défaut





Blottis entre les vertes ramures
Vos sanglots s’écoulent
En pluies souveraines



Deux petits pieds enfantins
Errent dans l’herbe humide
Un rire s’ouvre
Aux doux doigts du zéphyr
Simple beauté offerte




Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre 2013




samedi 21 septembre 2013

Lorsque juger sonne faux (Extrait provisoire de "Carnet du présent")




Pour Arezki

Ô vous tous
La faute est inexcusable
Et nous n’aurions jamais du

Jamais du laisser
Arezki seul
Devant la honte
Et la souillure

Ô vous tous
La faute est un affront
Lorsqu’elle tombe dans le silence

Ce silence d’une ville
Qui se voudrait sans histoire
Quand il en faudrait tant
Ville à grand besoin
De dire pour grandir

Ô vous tous
Je dis et je répète
Qu’importe le drapeau

Qu’importe le drapeau
En vrai monde sans frontière
Taisez-vous donc mufles
Qui cherchez barbelés et miradors

Ô vous tous
Je dis qu’un enfant meurtri
Est grand si le crime est dénoncé

Nos langues ne sont pas nos langues
Ne sont que véhicules
Pour l’esprit qui les anime

Nos langues sont faites pour s’embrasser
A l’ombre des porches
Où la vie fait histoire
Sous les fenêtres arrogantes

Ô vous tous
Nous ne serons grands
Qu’au jour de dignité
Des crimes rendus impossibles

© Xavier Lainé, 21 septembre 2013